En l’honneur de la Journée internationale du yoga, qui a lieu le 21 juin, Blush fait équipe avec la pionnière du yoga, enseignante, auteure et personnalité Stephanie Birch. Celle-ci nous partage une histoire touchante à propos de sa pratique.

 

Les plus grandes transformations arrivent parfois de façon inattendue à travers les expériences de vie. Si quelqu’un m’avait dit, il y a quelques années, que je serais une future mariée, une mère, une enseignante de yoga, une auteure et une photographe, je ne l’aurais pas cru. J’aurais ri de bon cœur. C’est drôle de s’arrêter pour regarder en arrière, jeter un œil à nos certitudes tenant de l’absolu ou du familier, aux manières dont nous repoussons nos limites dans l’inconnu. J’étais absolument certaine que je ne me marierais jamais, que je ne serais jamais mère. Je n’ai jamais rêvé de partager mes écrits et mes photos avec le monde entier. Et dans ma tête, cette « histoire de yoga » était réservée aux hippies vivant dans les communes.

Pour parler de transformations de la vie, je commencerai avec cette « histoire de yoga » mentionnée plus haut. Revenons 9 ans en arrière, quand je suis revenue à Sacramento, en Californie, ma ville natale. À ce moment-là, j’étais occupée à être semi-célibataire, profitant du sexe et des relations jetables, traînant avec mes amis, buvant verre après verre tous les weekends, me résignant à un emploi de bureau que je détestais, et me concentrant sur des désirs superficiels qui, je l’espérais, me sauveraient de la vie de banlieue au plus vite. C’est après des mois et des mois à dire non que j’ai finalement accepté d’assister à un cours de yoga avec une amie, en échange d’un 5 à 7 après ledit cours. Je n’ai jamais été le type de fille à être abonnée au gym. J’ai toujours aimé jouer dehors et j’étais à la recherche d’un entraînement, d’un cours ou d’une ligue d’adulte en complément à mon jogging quotidien. J’ai toujours retrouvé une sensation de liberté dans le mouvement. Un fredonnement, un rythme s’installe, une sensation de dépassement dans le familier, mariée à une poussée simultanée dans le vide. J’imagine, en y repensant, que certains considéreraient cet état comme une méditation en mouvement. Et je suis totalement d’accord.

Il s’est passé beaucoup de choses dans ce premier cours de yoga. J’y ai avalé une belle portion d’humilité. Je n’aurais jamais cru que de la sueur pourrait naître au bout de mon nez et de mes doigts tout en maintenant une posture de yoga, complètement immobile. Je n’arrivais pas à suivre le rythme du cours, et voulu lever un drapeau blanc à de nombreuses reprises, mais j’ai continué de mon mieux, jusqu’au repos final, « Savasana ». J’ai tremblé jusqu’à immobilité, avec une irrésistible envie de vomir, rire, et pleurer. Et j’en voulais encore plus.

Ce premier cours empreint d’humilité, c’était il y a plusieurs années. Ma vie a pris un détour inattendu lorsque j’ai découvert que j’étais enceinte. Ma certitude de ne pas vouloir devenir mère s’est automatiquement envolée. C’est lorsque mon fils est né que j’ai commencé à vraiment comprendre le pouvoir de la pratique. J’étais dans un état dans lequel ma vie en dépendait, littéralement ; une période durant laquelle mes premiers balbutiements de mère furent juxtaposés à de magnifiques « premières fois», mais aussi des chagrins profonds et des déchirements. Des jours d’une infinie tristesse, comme mère et comme conjointe, empreints d’obscurité. C’est à ce moment que je suis partie à la recherche de quelque chose de familier, et cette familiarité, c’est dans le yoga que je l’ai retrouvée. Parfois, s’accrocher au familier, même de façon inconsciente, peut vous mener sur le chemin de la guérison. Je crois que pour plusieurs personnes, guérir, c’est un éveil, une prise de conscience. Ces concepts peuvent sembler plus grands que nature et inatteignables, mais moi, je ne crois pas que cet éveil soit si compliqué ; c’est plutôt simple, vraiment. Je ne veux pas dire facile. Se réveiller peut être incroyablement difficile. En fait, c’est comme si j’avais découvert une partie de moi que je ne pouvais plus ignorer. Mais je peux choisir quels trous noirs nourrissent ces parties de moi.

Ma pratique du yoga, d’une importante manière, m’a appris à continuer à me fier sur moi-même. Avec toutes mes habitudes, tous mes visages. À me connaître, renforcer mon corps, me rapprocher de mon souffle, me recentrer, m’aimer entièrement, et être moi-même, tout simplement. C’est une méditation dans le mouvement. Tout comme mes moments sur les courts de tennis, à la course, ou allant dans l’inconnu, sentir mon propre corps. Le yoga, pour moi, ça peut être n’importe quoi, n’importe où. De la rue au studio de yoga, de la maison à la cour. Traditionnellement, il s’incarne dans la respiration et les postures. Dans son évolution, il est devenu un prétexte. Une façon de connecter son âme, son corps et son esprit.